mardi 9 février 2016

Doll (lettre 50)

En me levant ce matin Johan, dimanche,  j'ai eu l'intuition qu'une lettre de toi est arrivée ou va bientôt arriver. Hier le temps que j'émerge la poste était fermée – la postière a décidé de ne plus travailler les samedi après-midi, c'est chouette ; ça le serait encore plus si je n'avais pas eu cette intuition. 
Charles hier soir est redevenu mystérieux. On s'est même un peu engueulés quand j'ai voulu parler d'argent. Il n'écoute pas, dit que je raconte n'importe quoi. Je n'en ai quasi plus, il s'en fout. Il a un grand dédain pour les choses matérielles, peut-être que moi aussi il ajoute que je me tracasse pour rien demande si je manque de quelque chose. Bien sûr que non ! J'ai même crié en lui disant, non et non, je suis très très heureuse avec lui mais… mes « mais » l'ont fait fuir. Il a disparu d'abord dans sa chambre puis je ne sais où cette nuit. Une voiture que je ne connaissais pas est venue le chercher vers 2 heures. J'essayais de dormir, ça n'a pas été possible, je suis allée ressortir sa boite aux trésors pour m'endormir enfin devant la table de la cuisine le visage entre mes bras. Je n'ai toujours pas téléphoné à Koch. 
Je tourne en rond me demande ce que tu dis dans ta lettre me demande si tu vas mieux si tu as eu ton ordinateur ce que tu fais où tu en es. J'aimerai bien te raconter des histoires très très drôles des blagues même je n'en connais pas ne parviens pas à retenir celles qu'on me raconte. Moka le chat me tient compagnie lui non plus n'a peut-être pas envie tous les jours d'être dans le café avec tous ces pieds qui piétinent autour de tables de cible. 
J'aimerai bien avoir un appareil photo pour voir ce que peut-être je ne vois pas encore. Ne parlait-on pas avant de révélateur ? Je ne sais plus, c'est moi qui doit inventer. 
Hâte de recevoir des photos de toi, l'avancée de ta cellule (tiens encore un autre mot de l'appareil!!!)
… 

Plus tard. 

Charles de plus en plus furieux enfin il se retient. Furieux c'est impatient, il est d'habitude très calme… je lui ai proposé un chocolat chaud, il en a bu deux tasses et est reparti… 
(que fait-il le dimanche?)
(où va-t-il?)
(pourquoi revient-il dans cet état?)


Encore plus tard.

Il fait très nuit. 
Charles est de nouveau à la maison. Il y a un boucan d'enfer dans la remise, une sorte de grange délabrée.  
Il m'interdit d'aller voir. 
De roder autour aussi. 

Bon… 

Vivement demain matin que j'aille à la poste !!!! 

Je t'embrasse très très fort. 



Doll


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