dimanche 3 janvier 2016

Doll (lettre 18)

aujourd'hui je suis allée à la poste et elle était ouverte. Je suis repartie sans rien. Pas grave, la prochaine fois. J'essaie d'y aller tous les deux jours. Aujourd'hui, je me suis fait peur toute seule… devant la boîte, je ne trouvais plus la clé. L'horreur ! La postière est venue vers moi, a proposé de l'ouvrir puisqu'elle me connaît mais j'ai quand même failli pleurer. Elle l'a vue, m'a demandé ce que j'attendais de si important mais je n'ai pas eu envie de lui répondre. En quoi ça la regarde ?
Bref… la clé. Je l'ai trouvée coincée au fond de mon sac alors que je l'avais attachée à un anneau. Pas elle directement mais la ficelle rouge et blanche qu'on m'a donnée avec. Quelle peur ! T'imagines si je la perds et que la postière tombe malade !!!

Je ne crois pas que je pourrai en faire un double. Elle est petite et d'une drôle de forme. A cause de ça, d'avoir cru la perdre et cette angoisse totale, je me demande si je ne vais pas la porter autour du cou, ainsi l'aurais-je avec moi de jour comme de nuit. C'est une idée. C'est bientôt Noël, je pourrai m'offrir une chaine. Oui, je vais faire ça. C'est plus prudent. Et puis ça peut être jolie parce que cette clé l'est et qu'elle est maintenant à moi.
Tout à l'heure, à la sortie du travail, je vais voir mon ami Pinocchio. C'est un surnom qui lui va bien pas parce qu'il ment mais à cause de son nez qui est long et pointu et des ses grandes oreilles. On ira peut-être au cinéma, j'y vais jamais. Je le connais depuis que j'ai 12 ans. C'était avant un ami de mon frère et puis quand j'ai grandi, il est devenu le mien. Je ne l'ai jamais présenté à Laureen, tu sais pourquoi maintenant. Je ne lui parlerai pas de toi, il a un côté inquiet et si je lui dis que tu es en prison, il m'interdire sans doute de t'écrire. Si on va au cinéma, je te raconterai le film si tu veux.
La clé, je peux aussi la cacher. Oui. La mettre sous mon pull. Personne ne la verra. C'est sans doute mieux.
Cher cher cher Johan.
J'ai une demande.
Tu ne voulais pas de photo de moi et c'est mieux mais moi, pourrai-je en avoir une de toi puisque je t'ai déjà vu ? Ca me permettra de patienter quand j'attends tes lettres, c'est-à-dire tous les jours.
Dis-moi.
Regarde, j'ai pris une photo de la clé. C'est celle-là.
Je pense à toi et t'embrasse bien affectueusement,
Doll.

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